Route de Saint-Julien : Plan-les-Ouates mérite qu’on cherche de vraies solutions.
Cette intervention a été réalisée par les Vert·e·s lors du Conseil municipal du 28 avril 2026.
Mesdames, Messieurs,
Ce soir, on nous propose de conditionner cette motion à un changement de domanialité. Prenons un moment pour mesurer ce que ça signifie concrètement : une procédure qui prendrait des années, qui serait probablement refusée, et qui, si elle aboutissait, nous priverait peut-être des leviers de financement cantonal et fédéral dont nous aurions précisément besoin. Mais surtout, troquer la route de Saint-Julien contre la route de Base, ce n’est pas résoudre un problème. C’est le déplacer du sud au nord de la commune. Les habitants du nord méritent mieux que d’hériter de nos problèmes non résolus.
Nous entendons déjà d’autres objections. « La route est cantonale, vous n’avez pas les mains libres. » C’est précisément pour ça que la motion demande une démarche conjointe avec le Canton, pas une action unilatérale. Et si quelqu’un doute que ce soit possible sans changer la domanialité, nous lui rappelons que Meyrin l’a fait. Une tranchée couverte sur une route cantonale à 25’000 véhicules par jour, réalisée en partenariat avec le Canton, sans aucun transfert de domanialité. À Genève. Il y a quelques années. Ce n’est pas de la science-fiction.
« Les travaux sont déjà en cours, votre motion fait double emploi. » Rappelons-nous pourquoi cette motion a passé deux fois en commission. La deuxième fois précisément pour que le Conseil administratif nous présente ces travaux. Et ce qu’on nous a présenté, c’est ceci : quinze mètres de prolongement de la voie de bus, et quelques centimètres d’élargissement des trottoirs. C’est tout. Nous ne disons pas que ces travaux sont inutiles. Nous disons qu’ils ne sont pas à la hauteur d’une route qui coupe notre commune en deux depuis des décennies.
« C’est trop cher. » Cette motion ne demande pas un budget de construction. Elle demande une étude de faisabilité, dont l’un des objets explicites est d’explorer les possibilités de cofinancement cantonal, fédéral, et via les fonds de mobilité durable. On ne sait pas si c’est trop cher tant qu’on n’a pas regardé. C’est exactement le rôle d’une étude.
Permettez-nous un dernier contraste. Lors de notre dernier conseil, nous avons voté sur le siège, sans commission, sans délai, une motion pour explorer l’annexion d’une partie du territoire de Confignon. Un projet qui mobiliserait des ressources importantes, qui concerne un territoire qui n’est pas le nôtre, et dont l’issue est hautement incertaine.
Cette motion-ci a passé deux fois en commission. Elle concerne notre territoire. Notre route. Nos habitants. Et ce qu’elle demande, c’est simplement : asseyons-nous avec le Canton et cherchons des solutions.
Nous sommes verts. Et pourtant nous défendons une route. Parce que cette route isole des quartiers, décourage les piétons, les cyclistes, les enfants qui vont à l’école.
Ce n’est pas une question partisane. C’est une question de bon sens.
Alors ce soir, nous ne vous demandons pas de voter pour les Verts. Nous vous demandons de mettre votre étiquette de côté deux minutes, juste deux minutes, et de vous demander, à titre personnel, si vous pensez que les habitantes et habitants de Plan-les-Ouates méritent qu’on cherche des solutions pour cette route.
Si votre réponse est oui, ne conditionnons pas cette motion à l’impossible. Donnons-lui simplement une chance d’exister.
Merci