Notre groupe est ouvert à cette réflexion. La motion est honnête dans ses intentions  et nous en reconnaissons le pragmatisme face à la situation nouvelle créée par le  vote du 8 mars dernier à Confignon. 

Plusieurs questions se posent cependant avec acuité. D’abord, celle de la  perception : la motion envisage explicitement une modification des limites  territoriales communales. Aussi bien intentionnée soit-elle, cette démarche risque  d’être perçue par les habitants de Confignon comme une tentative d’annexion au  lendemain d’un vote qu’ils viennent d’exprimer démocratiquement. La motion elle même reconnaît que ce résultat « doit naturellement être respecté ». Voter ce soir, sur  le siège, sur un principe aussi sensible, risque d’envoyer un signal diamétralement  opposé à cet engagement. 

Ensuite, la question financière. L’exposé des motifs évoque les responsabilités  institutionnelles liées à l’aménagement, à la planification et à la réalisation des  infrastructures publiques. Nous savons tous dans cette salle que nous peinons à  trouver les financements nécessaires pour notre propre développement communal.  Intégrer un nouveau périmètre aussi complexe à notre territoire, avec les  équipements publics qui lui sont associés; école, locaux pour les jeunes, places  publiques, commerces, équipements culturels, représenterait des coûts  considérables. 

Nous sommes conscients, et c’est là toute l’habileté de cette motion, que les  motionnaires répondront à juste titre : « C’est précisément à cela que cette motion  invite à répondre. » Et ils auront raison. La motion est rédigée avec suffisamment de  prudence pour désamorcer presque toute objection de fond. 

Presque. 

Car il reste deux questions auxquelles cette motion ne peut pas répondre par elle même. 

La première est conjoncturelle, et elle est déterminante. Une rencontre avec le  conseiller d’État Nicolas Walder, en charge du territoire, est imminente, dans les  prochains jours, nous dit-on. Or, toute modification de limites territoriales  communales relève précisément des autorités cantonales, la motion le dit elle même. Voter ce soir sans connaître la position du département du territoire sur cette  piste, c’est risquer de passer en force sur un chemin dont nous ignorons s’il est  praticable. Aucune commission ne pourra pallier cette lacune : c’est une information  préalable, pas une conclusion de travaux. 

La seconde concerne notre propre population, et c’est peut-être la plus  fondamentale. Rappelons-nous : lors de la votation cantonale sur le déclassement  des Cherpines, la population de Plan-les-Ouates avait voté massivement Non. Nos  voix n’ont pas suffi à faire pencher la balance à l’échelle cantonale, et le  déclassement a été accepté malgré nous. Aujourd’hui, cette motion nous invite à 

La seconde concerne notre propre population, et c’est peut-être la plus  fondamentale. Rappelons-nous : lors de la votation cantonale sur le déclassement  des Cherpines, la population de Plan-les-Ouates avait voté massivement Non. Nos  voix n’ont pas suffi à faire pencher la balance à l’échelle cantonale, et le  déclassement a été accepté malgré nous. Aujourd’hui, cette motion nous invite à  étudier la possibilité d’intégrer à notre territoire la partie confignonnaise de ce même  périmètre. Autrement dit, nous envisageons d’annexer potentiellement une surface  que nos propres habitants ne voulaient déjà pas voir construire chez eux. Quel  signal envoyons-nous ce soir à ces citoyens plan-les-ouatiens qui se sont déjà  exprimés clairement, et qui ont déjà été mis en minorité une première fois ? Quelle  image donnons-nous en acceptant sur le siège le principe d’une étude qui ressemble  fort à un contournement de leur volonté populaire, en plus grand ? 

Pour ces raisons, et en nous appuyant sur les articles 32 et 35 du règlement du  Conseil municipal, nous souhaitons également soulever une question de forme : un  postulat, qui charge le Conseil administratif d’étudier la question et de présenter un  rapport, ne serait-il pas plus approprié qu’une motion, qui l’engage dans une  démarche opérationnelle concrète ? C’est une piste que nous soumettons à la  réflexion collective. 

En tout état de cause, le groupe Les Vert·e·s propose le renvoi en commission  conjointe. Non pour enterrer ce débat, mais pour lui donner les conditions de sérieux  qu’il mérite. 

Je vous remercie.